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14 octobre 2026Marché

Parc d'activités du Plateau de Signes : installations récentes et extension de 40 hectares

180 entreprises, 2 000 salariés, une extension de 40 hectares tournée vers la défense : le point sur le parc d'activités du Plateau de Signes en 2026.

Perché entre Marseille et Toulon, à côté du circuit Paul Ricard, le parc d'activités du Plateau de Signes est l'un des grands pôles industriels du Var. Près de 40 ans après sa création, il continue d'attirer des industriels, prépare une extension de 40 hectares et se positionne sur la filière défense.

Un parc né de la reconversion industrielle

Le parc a été créé en 1987, après la fermeture des chantiers navals de La Seyne-sur-Mer, pour recréer de l'emploi industriel dans l'ouest varois. La première entreprise à s'y installer fut Oreca, spécialiste du sport automobile, toujours présente sur le site.

Aujourd'hui, le parc couvre une surface opérationnelle d'environ 244 hectares, dont plus de 200 sont déjà aménagés et commercialisés. Il accueille environ 180 entreprises et 2 000 salariés.

Son aménagement et sa commercialisation sont confiés à la CCI du Var, tandis que la Communauté d'agglomération Sud Sainte-Baume gère les services du parc. Les chefs d'entreprise sont réunis au sein de l'association DELTA Signes-Castellet. Elle fédère les entreprises du parc, du circuit et de l'aéroport du Castellet, favorise les échanges entre adhérents et les représente dans les décisions qui concernent la zone, notamment sur la question des accès.

Cette organisation collective est ancienne sur le plateau. Le Groupement des entreprises du plateau de Signes (GEPS) a notamment porté le pacte « Plateau de Signes 2030 », une démarche RSE plusieurs fois primée et la création de services pour les salariés, comme la crèche interentreprises et la conciergerie.

Des filières d'excellence

Le Plateau de Signes se distingue par la diversité et le niveau de ses activités : santé, cosmétique, agroalimentaire, automobile, énergies nouvelles, environnement, BTP et industrie.

Quelques grands noms y sont installés :

  • Ipsen, laboratoire pharmaceutique ;
  • Coca-Cola Midi ;
  • Oreca, constructeur et préparateur automobile ;
  • American Vintage, marque de prêt-à-porter ;
  • Gel Var.

La proximité du circuit Paul Ricard et de l'aéroport du Castellet renforce l'attractivité du site pour la filière automobile et les entreprises qui accueillent une clientèle d'affaires.

Les installations récentes

Alseamar : une unité industrielle de 6 000 m²

En mars 2026, un nouveau projet industriel a été annoncé allée de Luxembourg : une unité d'environ 6 000 m² destinée à Alseamar, filiale du groupe Alcen basée à Six-Fours. L'entreprise conçoit des drones de surface, des planeurs sous-marins et des équipements de propulsion.

Le site doit industrialiser la fabrication de mousses syntactiques, des matériaux techniques composés de microsphères de verre et de polymères, utilisés notamment dans le naval. Le bâtiment comprendra des ateliers de fabrication, d'usinage et de matériaux composites, un contrôle qualité et des bureaux. Les travaux sont estimés à 12 à 14 mois.

De nouveaux bâtiments d'activité

Le parc voit aussi se multiplier les programmes de bâtiments d'activité à louer ou à vendre, destinés aux PME : ateliers avec bureaux, bâtiments de 500 à 1 500 m², programmes équipés de panneaux solaires. Ils répondent à une demande soutenue d'entreprises qui veulent s'implanter sur le plateau sans acheter de terrain.

Un plan de mobilité pour les salariés

Le 15 septembre 2026, l'agglomération Sud Sainte-Baume a lancé, sur le site de Coca-Cola, un plan de mobilité employeurs à l'échelle du parc. Pendant 12 mois, il étudiera le covoiturage, les transports en commun, le vélo, les horaires aménagés et le télétravail, avec des entreprises comme Ipsen, Oreca ou le circuit Paul Ricard.

C'est une réponse à l'un des points faibles du plateau : son accès par des routes sinueuses, loin des grands axes, qui rend la voiture presque indispensable. Une navette relie déjà le parc à la gare d'Ollioules-Sanary.

L'accès au plateau : le dossier sensible

L'accessibilité est le principal point faible du Plateau de Signes. Le parc est desservi par des routes départementales sinueuses, et une grande partie des camions qui y montent traverse les centres-villes du Beausset, de Signes et de Cuges-les-Pins. Les nuisances s'aggravent lors des grands événements du circuit Paul Ricard, comme le Bol d'Or.

Selon la commune du Beausset, 78 % de ces flux routiers traversent aujourd'hui le territoire varois. Pour les riverains, la cohabitation avec les poids lourds est devenue un sujet majeur.

Une déviation évoquée depuis près de 20 ans

Le sujet n'est pas nouveau. Les grandes étapes, selon les articles et documents publics :

  • 2007 : un premier projet de déviation du Beausset est étudié. Il est aujourd'hui jugé irréalisable en raison de l'urbanisation.
  • 2013 : le pacte « Plateau de Signes 2030 », signé par les acteurs publics et privés, fait des infrastructures l'un de ses quatre axes prioritaires.
  • 2018 : la CCI du Var évoque une liaison à 2x2 voies avec l'A50 et une future gare sur la ligne nouvelle Provence Côte d'Azur, à l'horizon 2035.
  • 2023 : l'État, la Région Sud, le Département du Var, l'agglomération Sud Sainte-Baume et la CCI du Var lancent une étude d'opportunité de 1,1 million d'euros pour comparer les solutions d'accès.
  • Novembre 2025 : le préfet du Var réunit les cofinanceurs pour un point d'étape.
  • Janvier 2026 : interrogé à l'Assemblée nationale, le ministre des Transports confirme que plusieurs hypothèses de tracé sont examinées, qu'aucun tracé n'est arrêté et qu'une concertation puis une enquête publique seraient nécessaires avant tout chantier.

Les pistes étudiées

  • Réorganiser le trafic sur les routes existantes : écarté selon la commune du Beausset, car insuffisant pour réduire les nuisances.
  • Recalibrer et sécuriser les voies existantes, en créer de nouvelles et développer les transports collectifs : c'est le « scénario varois » soutenu par Le Beausset, complété par un aménagement côté Cuges-les-Pins, dans les Bouches-du-Rhône.
  • Créer une nouvelle route depuis l'autoroute A50 : une option estimée entre 60 et 70 millions d'euros HT, jugée coûteuse et impactante par la commune du Beausset.

À l'automne 2026, une hypothèse de tracé depuis l'A50 passant par le hameau du Brûlat, au Castellet, a provoqué une forte mobilisation. Une association de riverains, La Voix du Castellet, revendique 300 membres, et le conseil municipal du Castellet a voté à l'unanimité une motion contre ce tracé. Les vignerons de l'appellation Bandol estiment que 39 hectares de vignes seraient touchés. Le président du Département a rappelé qu'aucun tracé n'était arrêté et s'est dit opposé à un passage dans le vignoble. Des riverains proposent une alternative par une piste existante située derrière l'aire de service de l'A50, entre Saint-Cyr et La Ciotat.

Un dossier qui reste ouvert

Après près de 20 ans de débats, aucun tracé n'est arrêté et aucun financement de travaux n'est engagé. Une déviation reste un projet de long terme, dont la forme définitive dépendra des arbitrages entre développement économique, coût et préservation du vignoble.

Avec l'arrivée annoncée de 800 emplois supplémentaires, la question de l'accès sera déterminante pour la suite du développement du plateau. Pour une entreprise qui s'y installe, c'est un paramètre à intégrer : temps de trajet des salariés, horaires de livraison, contraintes lors des événements du circuit.

Une extension de 40 hectares tournée vers la défense

Le projet le plus attendu est l'extension du parc sur environ 40 hectares au nord, sa dernière grande réserve foncière. Porté par la CCI du Var, il est soumis à consultation publique jusqu'au 27 novembre 2026, avant une décision du préfet sur l'autorisation environnementale.

  • Environ 40 parcelles viabilisées, de 5 000 à 15 000 m², regroupables pour les projets plus importants.
  • Près de 40 nouvelles entreprises et 800 emplois attendus à terme.
  • Une réalisation en quatre phases, de 2027 à 2034.
  • Une priorité donnée aux entreprises de la défense : l'État a identifié ces terrains comme « site stratégique défense », sans exclure d'autres filières d'excellence.

Pour la filière défense et navale de l'aire toulonnaise, c'est une opportunité rare de foncier industriel à proximité de la base navale et de ses donneurs d'ordre.

Le foncier disponible aujourd'hui

En attendant l'extension, l'offre est limitée. Au cours de l'été 2026, il restait quatre parcelles à bâtir, pour environ 45 000 m² au total, proposées entre 67 et 75 € HT le m². Treize nouveaux lots de 5 000 à 9 000 m² sont annoncés pour le premier trimestre 2027.

Le parc offre aussi de nombreux services : crèche de 40 places, restaurants d'entreprises, bureau de poste, hôtel d'entreprises, médecine du travail et centre sportif.

S'implanter sur le Plateau de Signes

Terrain à bâtir, bâtiment d'activité neuf, locaux à louer : le Plateau de Signes offre des solutions pour les PME comme pour les industriels, avec une extension qui va renforcer son attractivité dans les années à venir.

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Sources

Actisud Immobilier

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